Ars Longa

Ars Longa est une structure de production, de diffusion, de médiation de toute forme d’art au croisement de l’Art, la Recherche et la Société, aussi bien dans les espace publics que privés. Elle privilégie les démarches innovantes et s’attache à l’appropriation pédagogique ou citoyenne des projets.

lescontraires

Wünder camera

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Vernissage mardi 18 mai à partir de 18h - Exposition du mercredi 19 mai au 12 juin 2010

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« Wünder camera »de Flavien Théry, avec la collaboration de Fred Murie.
Exposition.

Avec le projet « Des nouvelles du jour », interface hybride traduisant les fils d’informations sur le net, Flavien Théry parcourt les domaines de la science, de l’art et du design, et donne à voir une installation qui traverse la vitrine de la galerie et de l’espace urbain. Il présente aussi des objets curieux rassemblés sous le nom de « Wünder camera », regroupant des objets rares et étranges dans le but de créer un microcosme proche du cabinet de curiosités et de son univers fantastique. Toutes les oeuvres ont été spécialement produites pour l’exposition.

Présentation .
La lumière est le vecteur de la majeure partie de l’information en provenance de notre environnement, du plus proche au plus lointain. Sans elle, comment nous faire une représentation du monde ? La fenêtre est ainsi la parfaite métaphore de l’oeil, en tant qu’interface entre nos univers intérieurs et le monde. Les vitraux gothiques avaient, eux, pour fonction de transformer la lumière du jour en lumière spirituelle, en la chargeant d’un message-image, faisant entrer la présence divine dans les églises. Mais aujourd’hui que dieu a deserté nos consciences, quel message, quelle foi nous permet encore de vivre ? Foi en un progrès ? Foi en l’humanité ? Notre dépendance vis à vis de l’information sous toutes ses formes trouve-telle son origine dans la perte de cette « présence » ? Faut-il voir dans l’écran numérique, désormais omniprésent, l’équivalent technologique d’un vitrail qui pourrait délivrer tous les messages, promettant une connaissance universelle et instantanée, nous reliant ainsi à une nouvelle entité supra-humaine ?

Présentation de l’oeuvre « Des nouvelles du jour ».
Elle entend donner une forme à ces interrogations par la création d’un vitrail électronique, composé de 4 grands écrans LCD, modifiés afin qu’ils deviennent transparents, et assemblés en mur d’image par une structure métallique. Intégré à l’architecture du lieu d’exposition, ce vitrail électronique constituera une véritable fenêtre autorisant un regard sur l’extérieur (sur la réalité du jour, ici et maintenant), en même temps qu’il diffusera en temps réel des flux d’actualités internet, traduites sous une forme graphique par un cryptage algorythmique. (Premières recherches visibles sur : h t tp://www.fredmurie.net/crypte/ ). Ces séquences de formes colorées décomposeront la surface du mur d’image en de multiples fractions, à la manière des différentes pièces de verre coloré qui constituent un vitrail. Cette installation provoquera un téléscopage entre une réalité hyper-locale et une information globale, l’écran numérique changeant de statut pour passer à celui de filtre, nous montrant comment le flot de l’information transforme notre perception du réel.

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Presse / Libération / Culture / 26 mai 2010
« La petite boutique des couleurs » par Marie Lechner
Critique Expo . Flavien Théry détourne le concept de cabinet de curiosités pour la galerie Ars Longa.
Le cabinet de curiosités, lieu prisé d’exposition des XVIe et XVIIe siècles, ère des grandes explorations et découvertes, avait l’ambition de recomposer une image du monde en collectant des prélèvements opérés dans la nature et des productions de l’homme. L’objectif n’était pas de tout répertorier à la manière d’une encyclopédie, mais plutôt de sonder les secrets de la nature dans ce qu’elle avait de plus étonnant. Tombé en désuétude, il est réanimé par l’artiste Flavien Théry, qui a imaginé pour la galerie Ars Longa, à Paris, une version contemporaine de ces wunderkammer.
Artefacts. Point d’animaux empaillés, ni de dent de requin fossile, les bizarreries présentées par l’artiste Flavien Théry sont des objets technologiques ou des procédés détournés : des écrans LCD transformés en vitraux, une camera obscura à surface phosphorescente où s’impressionnent des images fuyantes, ou encore des dessins à l’harmonographe inversé. «Wunder Camera» est une collection d’artefacts «rares et étranges qui ont pour but de créer un microcosme proche du cabinet de curiosités et de son univers fantastique». Ses objets, à mi-chemin entre art, science et design, cherchent à (res)susciter l’émerveillement :«Je souhaitais faire sentir l’étrangeté du quotidien à travers la lumière surtout, mais aussi des processus chimiques, des expérimentations graphiques.»
Les cabinets de curiosités sont souvent considérés comme l’ancêtre des muséums, aux origines de la science moderne, même s’ils restaient empreints de croyances populaires. Théry réussit à recréer cette ambiance, entre science et magie. Ainsi cet écran lumineux d’un blanc immaculé, qui en se réfléchissant sur le sol se décompose en multiples taches de couleur. Ou les vitraux LCD, qui permettent de voir la rue à travers les écrans où défilent en temps réel les flux d’actualités transcrits en animations colorées. L’artiste nous invite «à voir le monde extérieur à travers cette information omniprésente, qui a remplacé la lumière divine».
«Spiritisme». Théry explore également le phénomène des flammes chantantes, dit aussi harmonica chimique. Dans une vasque, l’eau est décomposée en bulle d’oxygène et en hydrogène qui se consume dans un tube de verre, produisant au contact de l’air des sons perçants à la limite du soutenable.
En observant ses Divinations, dessins représentant des hélicoïdes, on ne peut s’empêcher de chercher quelque signe ou message caché. «Je fais littéralement tourner les tables, comme dans les séances de spiritisme en renversant le procédé de l’harmonographe : ce n’est pas le crayon qui oscille, mais le plateau.» Son cabinet rétrofuturiste révèle une réalité «extra ordinaire» dont on peut apprécier la beauté sans comprendre nécessairement comment tout ceci fonctionne.