Ars Longa

Ars Longa est une structure de production, de diffusion, de médiation de toute forme d’art au croisement de l’Art, la Recherche et la Société, aussi bien dans les espace publics que privés. Elle privilégie les démarches innovantes et s’attache à l’appropriation pédagogique ou citoyenne des projets.

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Conférences « Ateliers des Possibles »

15 et 16 mai 2014, de 9h30 à 19h

gratuit

participation & inscription sur http://www.ateliersdespossibles.fr
Ce colloque est organisé sur deux jours et rassemble des équipes de recherche du LISE-Cnam-Cnrs, l’association Ars Longa, l’ESAD de Dijon, du Labo HAR de Nanterre et de l’ENSCI – Les Ateliers. 
En réunissant des acteurs (makers, hackers, artistes, industriels) issus d’horizons et de pratiques asymétriques, l’ambition de ces journées de réflexion est de porter une réflexion sur les enjeux émergents autour de ces « tiers-lieux » de fabrication en mêlant la parole d’acteurs de terrain et de chercheurs issus d’horizons académiques transversaux.Qu’ils se nomment hackerspaces, FabLabs, makerspaces ou usines de quartier, des fabriques ouvertes se créent un peu partout en France et dans le monde, réunissant des créateurs, ingénieurs, designers, bricoleurs, amateurs ou professionnels autour de projets communs. 
Ils témoignent de la vitalité d’un mouvement qui a fait ses preuves dans le monde de l’informatique au sein de la communauté du Libre et qui investit désormais le domaine de la fabrication. 
Expérimentant de nouvelles façons de concevoir, de coopérer, de fabriquer ainsi que de nouvelles formes de régulation collective, ces expériences posent des questions essentielles pour le devenir de nos sociétés, tout en bousculant quelques-unes de nos catégories de pensée. L’intérêt que les acteurs politiques commencent à leur manifester ouvre des possibilités de financement mais comporte aussi un risque de mise en concurrence et de standardisation. Les deux journées que nous organisons ont pour but de réunir des acteurs de ce mouvement et des chercheurs qui s’y intéressent, afin de réfléchir ensemble aux différents enjeux propres au développement effervescent de ces ateliers ouverts.Nous proposons d’aborder ces enjeux selon quatre angles d’interrogation :
AXE 1 : Penser des formes alternatives d’organisation et d’action collective
AXE 2 : Fabriques collectives, pratiques expérimentales
AXE 3 : Lieux, communautés, territoires
AXE 4 : Re-faire travail

AXE 1 : « Penser des formes alternatives d’organisation et d’action collective »

Lieux ouverts ou semi-ouverts, les FabLabs, hackerspaces et makerspaces construisent leur modes d’organisation et de décision collective au quotidien. Comment vivre ensemble, survivre économiquement, décider collégialement ou démocratiquement à 10, 20 ou 1000, maintenir des activités à la fois militantes et productives,  faire vivre un projet, construire un bien commun et stabiliser un modèle économique viable, le tout dans un même espace et une communauté à plusieurs échelles ?  
Certes des modèles de « non-organisation », des techniques de « démocratie liquide », des références à une économie du « commun » se pensent et se discutent dans des réseaux mondiaux.  En pratique, une diversité de formes alternatives d’organisation et d’action collective s’expérimente avec plus ou moins de bonheur et de difficultés sur le terrain. Si tant est qu’a priori, ces communauté ouvertes à organisation horizontale et projet collectif fort n’entrent dans aucun modèle d’organisation classique  – qu’il soit marchand, entrepreurial, associatif ou communautaire – pour autant peut on  dire que  ces lieux remettent véritablement en question les frontières et définitions des modèles traditionnels de l’entreprise, du marché, de l’association, de l’état, de la communauté fermée ? Revisitent-ils  vraiment les frontières entre espace public, commun et privé ?  Les modèles économiques qui sous-tendent ces lieux en formation et leur diffusion de par le monde ainsi que leurs modes de fonctionnement interne posent question. Comment ces communautés ouvertes  arrivent elles dans les faits à concilier ouverture et normes partagées ? Comment parviennent-elles à concilier des formes de gratuité et de travail productif rémunéré ? Comment en pratique y régule-t-on les conflits, alors que les sanctions (dont l’exclusion de membres), la règle  verticale ou la décision d’un petit nombre (ou autoritaire) sont culturellement plus difficiles  à justifier que dans une organisation classique ?  Quelles formes d’organisation « non verticale » y conçoit-on pour quel type d’action collective ? Et avec quelle pérennité ? Au-delà des expériences locales et particulières peut-on y voir autre chose que des formes expérimentales ? Pense-t-on là plus qu’ailleurs des formes alternatives d’organisation et d’action collectives amenées à se stabiliser et à se diffuser y compris dans l’économie « classique » ?

Atelier 1 chartes & manifestes
Atelier 2 identités et contreverses
Atelier 3 Modèle organisation, pourvoir organisé sans centre

AXE 2 : « Fabriques collectives, pratiques expérimentales »

Lieux d’action de l’amateur plus que du designer, du hacker plus que de l’industriel, ces espaces de reconfiguration définissent au passage des nouveaux modes de conception et de diffusion, à la marge des circuits traditionnels. 
Lieux d’expérimentation ouverte, ils sont le terrain d’élaboration de nombreuses pratiques qui mettent en jeu de nouvelles typologies de production. Le développement des ateliers ouverts est révélateur d’une transformation profonde qui affecte le champ du design. Les designers aspirent à produire des effets sociaux et politiques qui ne se réduisent pas à ajouter une valeur  d’ordre esthétique à des objets industriels et à des biens de consommation mais qui remettent de plus en plus souvent en question les modalités actuelles de production et de consommation et leurs conséquences néfastes sur la subjectivité individuelle et collective, ainsi que sur l’environnement. Dans cette approche, créer de nouvelles formes signifie aussi et en même temps réinventer les formes sociales d’existence et de coexistence. On s’interrogera donc sur ce qui est vraiment « produit » dans ces ateliers. Peut-on parler de production, de fabrication, de hack, de détournement ou de « bricolage » ? De nouveaux modèles liés à l’open hardware et à la mise en ligne des fichiers et codes des objets émergent qui mettent directement en question les codes de la grande industrie. Qui produit quoi et comment ? S’agit-il d’autoproduction, production pour soi, ou élaboration collective ? Comment ces nouveaux modes de faire, développés par des hackers et des amateurs, infusent-ils et agissent-ils par des biais détournés sur les méthodes de conception des designers ou des industriels ? Quels nouveaux scénarios sont inventés autour de ces objets ?

Atelier 1 : objets non standard
Atelier 2 : Eco design, recyclage, vers une fabrique de la résilience ?
Atelier 3 : Ateliers de curiosités
Atelier 4 : Résistances végétales

AXE 3 : « Lieux, communautés, territoires »

Chaque lieu se définit au regard de son territoire d’implantation et des hommes et femmes qui l’animent. Implantés dans des niches écologiques variées – que ce soit dans un entrepôt désaffecté, dans un local associatif, au sein de l’Université, d’un centre de formation ou d’un établissement culturel – ils nouent des liens plus ou moins étroits avec les acteurs du territoire et des connections plus ou moins denses avec des réseaux nationaux et internationaux. Ces liens constituent à la fois des ressources et des contraintes qui contribuent à définir l’identité de chaque lieu, c’est-à-dire le sens qu’ils revêtent pour ceux qui le fréquentent mais aussi leurs rayonnements. 
Pourtant, il importe peut-être moins de préciser ce qui les différencie que de comprendre les conditions de leur mise en synergie. Des communautés d’usagers se constituent autour de créateurs passionnés, professionnels et amateurs, intéressés à développer et à partager leurs projets dans la durée. Quelle est la nature de ces communautés prescriptrices, productrices et consommatrices ? Quels liens leur permettent de se déplier, de se développer dans un espace commun ? Comment plusieurs « ateliers ouverts » parviennent-ils, au-delà de leurs spécificités, à s’organiser en fonction d’intérêts et de sensibilités partagés, d’une proximité géographique ou d’une complémentarité ?

Atelier 1 : Penser global, développer local
Atelier 2 : Concevoir global / fabriquer local
Atelier 3 : Du jardin partagé au FabLab

AXE 4 : « Re-faire travail »

Le mouvement Faire est riche à la fois d’exigences nouvelles par rapport au travail mais aussi d’expériences concrètes qui permettent de toucher du doigt des façons originales de produire, d’innover, de collaborer, de concevoir… Quelles sont les pratiques originales ? Qu’y-a-t-il de vraiment nouveaux dans ces manières de faire ? Sont-elles transposables en d’autres lieux ? Produire des objets dans un esprit hacker/FabLab, est-ce travailler ? La technologie est-elle un atout ou non pour l’invention de ces nouvelles pratiques de travail ? Doit-on entretenir un rapport enchanté avec tous les nouvelles formes de Faire ou n’existe-t-il pas quelques limites (nouvelle forme de division du travail, d’exclusion sociale…) qu’il conviendrait de regarder en face ?

Atelier 1 : travail et formation
Atelier 2 : travail et creativité
Atelier 3 : travail et économie
Atelier 4 : travail et politique